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Les articles de la rédaction et la revue de presse de Maintenant! : brèves des médias indépendants et internationaux, dans leur langue, reliées à leur source.

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À la une

Lundi 5 octobre : toutes et tous dans la rue pour la loi intégrale contre les violences sexuelles

C'est demain, lundi 5 octobre. Pendant que l'Assemblée nationale examine en séance publique la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles, la Coalition féministe et enfantiste appelle à descendre dans la rue partout en France. Maintenant! soutient la mobilisation. À Paris, départ à 18h30 place Vendôme, devant le ministère de la Justice, en direction de l'Assemblée nationale. À Toulouse, à 19h, esplanade des Ramblas. À Toulon, à 19h, devant le palais de justice, place Gabriel-Péri. Dans de nombreuses autres villes, rassemblements devant les tribunaux : voir l'agenda https://maintenant-le-mouvement.org/agenda L'appel de la coalition : « Le lundi 5 octobre marque une étape importante dans la mobilisation pour l'adoption d'une loi cadre intégrale contre les violences sexuelles. À partir du 1er octobre, le texte validé en Commission la semaine passée sera étudié en séance publique. Nous devons nous mobiliser pour montrer que nous sommes des millions. Nous sommes des millions de victimes. Nous sommes des millions à soutenir cette loi. Nous sommes des millions à nous rassembler. Montrons-leur. À Paris, marchons du ministère de la Justice, place Vendôme, à l'Assemblée nationale. » Toute la loi intégrale. Un budget intégral. Un vote intégral. Le kit de mobilisation, le tract et la pétition : https://www.loi-integrale.fr/

Maintenant! · il y a 13 h

Luttes et mobilisationsFéminismes

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La rédaction

Tribune

Le mouvement des lycées jaunes, ça ne fait que commencer

Cet article ne parle pas des revendications des lycéennes et des lycéens. Bien que nous soyons tous et toutes absolument d’accord avec celles-ci, toutes : leurs revendications qu’on connait, leurs revendications qu’on a toujours sues, leurs revendications qu’on ignore, ou qu’on n’imagine même pas. Tous et toutes, nous avons l’intime conviction que d’une manière ou d’une autre, nous le savons : ils et elles ont raison. On le sait. Ils et elles savent ce qu’ils et elles font. On le sait. Ils et elles savent pourquoi ils et elles le font. Nous le savons. Comme une intime conviction. Ils et elles sont parfaitement sensé·es : ils et elles manifestent pour avoir un ticket valable pour leur avenir. Cette intime conviction collective évoquée plus haut, est très importante pour la suite de l’article. Celui-ci essaie surtout de comprendre quelle est la similitude fondamentale entre ce Mouvement et celui des Gilets Jaunes, et comprendre au bout que de l’œuf ou de la poule, il y en a un des deux qui, aujourd’hui, sait mieux battre des ailes. Cette image sur une forme de métamorphose, de l’œuf à la poule, gardons-la quelque part en tête : ce Mouvement, peut-être enfant des Gilets Jaunes, va faire plus fort qu’une métaphore, va aller plus haut, va aller plus loin. (Intime conviction). Cependant, il y a bien une similitude fondamentale. Les revendications ? Oui, non ? Peut-être. D’accord, pas d’accord ? De toute manière, c’est pas ça. L’origine sociale ? Oui, non ? Peut-être. D’accord, pas d’accord ? De toute manière, c’est pas ça non plus. On le sait. Intimement encore, on le sait. On le sait d’autant plus que nous avons eu le temps de digérer le Mouvement des Gilets Jaunes, le plus emblématique mouvement de cette dernière décennie. Dans le temps historique du Confinement, et l’arrêt net des Gilets Jaunes, nous avons pu, tous et toutes, prendre du recul dessus, et finalement, surtout, assez vite, puisque tout de suite (sic). Tout de suite nous avons eu des retours, des archives, des images... Des images de la violence subie. Des images de la violence disproportionnée des forces de sécurité. Et un mot. Entre autres : FLASH-BALL. Puis... LBD Puis... Dans les yeux. Ce recul sur la violence subie par les Gilets Jaunes, est fondamentalement, marqué par ces histoires d’œil tombé. Aujourd’hui, fondamentalement, le monde français s’est ouvert les yeux avec les images de cet enfant, dans le Val-d’Oise, devant le lycée professionnel du Château d’Épluches. Visage blessé, mâchoire brisée. Par un tir de lance-grenades. Un enfant. 14 ans. Ou avec cette image, près du lycée Balzac à Tours. Grièvement blessé à l’œil. La procureure de la République a indiqué que ses lésions étaient « compatibles » avec un tir de LBD. Lui, il a 16 ans. Tous des lycéens recevant la violence disproportionnée des forces de sécurité — en en prenant plein les yeux. Là. Quelque chose est né. Là. Est né le Mouvement des Lycées Jaunes. Intimement nous le savons. Cette similitude en est fondamentale. Fondamentale. Mais peut-être pas subconséquent. Parce que nous aurions pu étudier d’autres images — telle la vidéo de ces mômes à Mantes-la-Jolie, fêtant la victoire de leur candidat aux municipales 2026, éjectant ainsi l’ancien maire, le même qui ne les avait pas défendus quand, huit ans plus tôt, au lycée Saint-Exupéry, ils avaient été mis à genoux, 151 lycéens en tout, à genoux, alignés, les mains derrière la tête, ou dans le dos, images de terroristes humiliantes s’il en est. Oui, ces images comme des échos, mais pas seulement : pourquoi cantonner les lycéennes et les lycéens à des événements concernant uniquement d’autres jeunes, uniquement d’autres Nahel, uniquement d’autres Adama ? Ces lycéennes et ces lycéens sont parfaitement sensé·es. Pour leur ticket valable pour leur futur, ils et elles ont leurs revendications à elles et eux, celles qu’on connait, celles qu’on a toujours sues, celles qu’on ignore, ou celles qu’on n’imagine même pas encore. Mais, entre nous, analyser toutes les origines et tous les échos passés possibles du Mouvement des Lycées Jaunes, on l’a compris, ça sera ailleurs. Ici, d’ailleurs, la comparaison avec les Gilets Jaunes, s’arrête là. Nette. Là. Au-delà d’une limite où plus rien n’est comparable. Là. Au-delà d’une limite insoutenable. Et nous le savons : nous en avons l’intime conviction collective. Hier, quand les manifestants manifestaient, les forces de sécurité tiraient dans les yeux... d’adultes. Aujourd’hui, quand les manifestants manifestent, les forces de sécurité tirent dans les yeux... d’enfants. À bout portant. Là. Au-delà de cette limite, plus rien n’est comparable. Et là, au-delà de cette limite, le ticket de la démocratie n’est plus valable ? Quelque chose est né. Là. Est né le Mouvement des Lycées Jaunes, quand les forces de sécurité ont cru bon — d’essayer de le casser dans l’œuf. Shaman D...

Maintenant! · il y a 3 jours

Luttes et mobilisationsPolice et justice

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Tribune

Fin du monde, fin du mois : le 17 octobre nous serons là !

Voici un appel issu de la coordination nationale du mouvement du 26 septembre. Il appelle à soutenir la mobilisation des gilets jaunes du 17 octobre et à la rejoindre. Cette tribune est parue le 24 septembre 2026 dans Regards et dans Basta!. Il y a huit ans, un cri commun s’élevait sur les ronds-points comme dans les marches climat : « Fin du monde, fin du mois, même combat ! » Ce cri est plus que jamais d’actualité. Nous sommes membres du mouvement du 26 septembre, pour le vivant, le climat, la paix et la justice sociale. C’est avec ces combats que nous appelons à soutenir la mobilisation des gilets jaunes du 17 octobre et à la rejoindre. Le dérèglement climatique a les mêmes responsables que l’injustice sociale. L’industrie pétrolière accumule des superprofits aux dépens de la planète et des humains qui l’habitent : en 2025, TotalEnergies a encore dégagé 13 milliards de dollars de bénéfice net. Pendant ce temps, le litre d’essence a dépassé 2,15€ en septembre, un record. Dans le monde, les douze milliardaires les plus riches possèdent désormais davantage que les quatre milliards de personnes les plus pauvres. Les 1% les plus riches émettent à eux seuls plus de gaz à effet de serre que les deux tiers les plus pauvres de l’humanité. Ceux qui ont le moins pollué sont les premiers frappés. Les crises sociales et climatiques sont les tristes conséquences d’un système qui par cupidité et confort a transformé la nature en déchets. L’hyper prélèvement des ressources a entraîné une crise écologique et l’enrichissement des géants de l’industrie, pétrolière en l’occurrence, creusant un irrémédiable fossé entre riches et pauvres. L’inadmissible cécité de nos dirigeants successifs face à la crise écosystémique et leur mortifère volonté de favoriser les enjeux économiques fait la part belle aux dirigeants des multinationales et conduisent aujourd’hui à une situation de menace existentielle directe. Les guerres naissent de la même source. Les grandes puissances et les multinationales veulent sécuriser leurs approvisionnements en matières premières, et d’abord en énergies fossiles. C’est ce qui provoque les grands bouleversements du monde. Or ce sont précisément ces énergies qui, en brûlant, réchauffent la planète. Les personnes frappées par les sécheresses, les canicules, les incendies et les empoisonnements sont le plus souvent celles qui subissent déjà la précarité alimentaire, la vie chère et le mal-logement. Leurs mobilisations portent une aspiration commune : nous voulons vivre dignement dans un monde vivable. Nous avons un adversaire commun. Une nouvelle fois, il est plus utile pour eux de nous diviser, à travers Emmanuel Macron et leurs instruments médiatiques. D’un côté, il y aurait un mouvement climat étranger à la justice sociale et fiscale. De l’autre, il y aurait des gilets jaunes indifférents au vivant et au climat. Il n’en est rien. Ces combats sont indissociables. Partout dans les groupes du 26 septembre, de nombreux gilets jaunes nous ont déjà rejoints. Le 17 octobre et après, nous serons à leurs côtés. Nous n’oublions pas que le 17 octobre sera aussi le jour d’une triste commémoration. Le 17 octobre 1961, à Paris, la police placée sous l’autorité du préfet Maurice Papon a réprimé dans le sang une manifestation pacifique d’Algériennes et d’Algériens contre le couvre-feu qui leur était imposé. Ce jour-là et les jours qui ont suivi, des centaines de personnes ont été tuées. C’est ce même Papon, collaborationniste notoire qui a envoyé à la mort des milliers d’enfants juifs français et leurs familles. Nous appelons également à converger le 3 octobre devant l’usine Syngenta de Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure, puis les 10 et 11 octobre contre l’Omnibus pesticides. Le 26 septembre n’est qu’un début. Notre mouvement veut s’inscrire dans la durée. Les 31 octobre et 1er novembre se tiendra la première Rencontre nationale des délégués du mouvement. Chacune de nos plus de 250 mobilisations locales est invitée à y envoyer des personnes mandatées. Nous y inviterons bien entendu toute la société civile mobilisée en cette rentrée. La prochaine mobilisation nationale du mouvement du 26 septembre aura lieu le week-end des 14 et 15 novembre. Elle s’inscrit dans la mobilisation internationale pour le climat, en soutien au Sommet des peuples organisé pendant la COP31 en Turquie. Ce week-end sera aussi l’occasion de nous allier aux mobilisations enfantistes partout où nous le pourrons, et de les soutenir, avec pour mot d’ordre : « Ensemble, pour le présent et l’avenir de nos enfants ». Nous voulons un grand plan de reconstruction en quatre volets. Un plan d’urgence, parce que l’été prochain sera très probablement encore plus chaud que celui-ci. Un plan d’adaptation pour que tous les territoires de notre pays, tous les secteurs de la société aient les moyens de faire face aux changements majeurs causés par le réchauffement global. Un plan d’atténuation, pour en finir avec les énergies fossiles et les guerres qu’elles financent. Et les moyens de le financer : nous exigeons que celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe paient, par une taxe sur les superprofits du fossile et de l’armement, et par un impôt climatique sur les plus grands patrimoines. Le 17 octobre, ce ne sera pas une marche de plus : ce sera la preuve que ces colères, longtemps tenues séparées, ne le sont plus. Fin du monde, fin du mois : mêmes responsables, mêmes victimes, même combat. Julien Lucy Nadège Cosme Jonathan Broussaudier Guillemette Tostivint Kim Vo Dinh Katarina Houpert Mathis François Ball Stéphane Jeck Julien Kien Benjamin Ball Membres de la coordination nationale du mouvement du 26 septembre Tribune parue le 24 septembre 2026 dans Regards : https://regards.fr/tribune-fin-du-monde-fin-du-mois-le-17-octobre-nous-serons-la/ Et dans Basta! : https://basta.media/appel-mouvement-climat-marches-26-septembre-rejoindre-les-gilets-jaunes-actions-17-octobre Photo : auprès des gilets jaunes à Saint-Nazaire, en février 2019, par Nolwenn Weiler (Basta!).

Maintenant! · il y a 10 jours

Luttes et mobilisationsÉcologieSocial et travail

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Article

« Écoutez nos voix et agissez ! » : plus de 60 organisations interpellent les candidat·es à la présidentielle

Le Réseau Action Climat et plus de 60 organisations lancent une grande campagne d'interpellation des candidates et candidats à l'élection présidentielle. Locataires, parents d'élèves, syndicats d'enseignants, acteurs de la lutte contre la précarité, associations environnementales et professionnels de santé l'ont présentée à la presse ce 23 septembre, à l'Académie du Climat, à Paris. Ensemble, ils interpellent les futur·es candidat·es et exigent des réponses crédibles, concrètes et à la hauteur des risques. L'été 2026 aura été un révélateur brutal de la vulnérabilité de la France face au changement climatique. Des dizaines de millions de Français·es ont été directement confronté·es aux conséquences d'événements climatiques extrêmes, qui ont mis en lumière l'impréparation du pays et les insuffisances des pouvoirs publics : classes surchauffées, logements étouffants, moyens insuffisants pour lutter contre les incendies… À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, les personnes durement touchées par ces événements et les organisations de la société civile appellent à un sursaut politique pour protéger la population face à l'insécurité climatique. LOCATAIRES ENSEMBLE : « SOIT ON AGIT, SOIT ON SUBIT » Pour Salim Poussin, coprésident de Locataires ensemble, une partie des loyers versés aux propriétaires doit être réservée à l'isolation, à la rénovation et à l'adaptation des logements. « Cet été a été une catastrophe pour les écosystèmes et pour nos modes de vie. Quand mon thermomètre atteint 37,5 degrés dans mon salon parce que mon logement n'est ni adapté ni isolé, c'est un enfer. » Selon le collectif Zéro logement passoire, près d'un tiers des logements de Lyon sont des bouilloires thermiques. « On est au pied du mur : soit on agit, soit on subit. S'il faut passer par une grève des loyers, on le fera, car on ne peut pas imaginer que rien ne soit fait d'ici l'été prochain. » FONDATION POUR LE LOGEMENT : « LE STATU QUO COÛTE DES VIES » Pour Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés, « on aurait pu éviter de nombreux décès si on avait déployé les mesures que nous préconisons depuis de nombreuses années. Le statu quo coûte de l'argent, il coûte des vies. » « Un logement sur deux ne protège pas des fortes chaleurs. Plus de 40 % des logements ne sont pas équipés de volets. Santé publique France insiste sur le fait que la majeure partie des décès de cet été ont eu lieu à domicile. » « Nous avons porté une proposition de loi “zéro bouilloire thermique”, signée par 160 député·es. Il faut inscrire dans la loi un droit aux volets et aux brasseurs d'air. Il faut un milliard d'euros chaque année pendant quinze ans, en s'occupant d'abord des plus fragiles. » « Pour les personnes sans domicile, nous appelons à mettre en place des “plans grand chaud”. Il ne faut pas oublier que les personnes sans domicile meurent autant pendant l'été que pendant l'hiver. » FAITES-LA BRILLER : LA COUVERTURE DE SURVIE À LA PORTE DES ÉCOLES Sara Verhagen a présenté le collectif Faites-la briller, une mobilisation nationale de parents d'élèves lancée en juin 2026 pour dénoncer les chaleurs insoutenables dans les écoles pendant les canicules. Le collectif a fait de la couverture de survie son symbole pour réclamer des mesures urgentes et la rénovation thermique des bâtiments scolaires. « Nos revendications : végétaliser les cours, aérer la nuit, isoler thermiquement les écoles. Cela ne devrait pas être de la survie, l'école, mais un endroit où les enfants apprennent. » « L'urgence climatique est le seul sujet sur lequel je mens à ma fille : je minimise mes propos pour ne pas provoquer d'écoanxiété. » CE QUE LA CAMPAGNE DEMANDE AUX CANDIDAT·ES Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau Action Climat, a clos la conférence de presse en rappelant les deux mesures phares que l'initiative « Écoutez nos voix et agissez » demande aux candidates et candidats à la présidentielle. La première : « D'ici la fin du prochain quinquennat, garantir à chaque foyer un logement habitable pendant les canicules : volets et ventilateurs de plafond a minima, et accélération des rénovations globales adaptées à la chaleur. »

Maintenant! · il y a 12 jours

ÉcologieLuttes et mobilisationsPolitique

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Article

Carte des mobilisations du 26 septembre

Samedi 26 septembre, on marche partout en France pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. Touchez un point de la carte pour voir le lieu et l'horaire du rendez-vous près de chez vous. La carte se met à jour toute seule à chaque nouvelle mobilisation confirmée.

Maintenant! · il y a 13 jours

26 septembremobilisation

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Bally Bagayoko, la République c'est lui !

Enfant du peuple vivant, il a grandi dans les HLM du nord de Saint-Denis, au pied de la basilique où reposent les rois de France. Fils d'un mécanicien malien, issu d'une famille nombreuse et heureuse, il a grandi au pied des tours. Un professeur lui a prédit un avenir de « ramasseur de crottes ». Il est devenu maire de sa ville. Avant la politique, il y a eu le basket — la sueur des parquets populaires, l'engagement concret, et toujours le collectif. Cadre à la RATP, le service public, il l'a d'abord porté sur les quais, bien avant de le défendre à la tribune. Et pendant vingt-cinq ans, discrètement, obstinément, il a été conseiller municipal de sa ville. Une fidélité têtue à ce territoire et à celles et ceux qui l'habitent. Toujours à construire, jamais à promettre. À être là, pas à paraître. Le 15 mars 2026, les habitantes et habitant·es de Saint-Denis ont fait un choix — le choix de l'espoir, de la justice et de la dignité. Ils et elles ont choisi un maire qui leur ressemble, un maire qui les rassemble. Un homme du quartier, de la ville, du peuple. Un habitant le dit simplement, et ses mots portent tout : « Avant, les habitant·es n'avaient pas confiance dans les hommes politiques. Là, il y a quelque chose de nouveau avec Bally. » 50,77 % au premier tour. Un KO. « Ici c'est Bally ! » La foule chante, pleure, s'embrasse jusqu'au cœur de la nuit. Lui serre les mains de tout le monde — le coiffeur du coin, l'ancien collègue éducateur, le prêtre de passage. Même attention pour tous·tes. Alors le système s'affole. Les droites et l'extrême droite se déchaînent. On déforme ses propos, on le calomnie, on l'insulte. On le stigmatise, on l'essentialise, on l'animalise. Lilian Thuram, qui connaît cette violence dans sa chair, la nomme avec une clarté qui fait mal : le « Noir » est le seul être sur Terre que tout le monde croit connaître avant même qu'il ne parle. Maire, footballeur, docteur ou gamin des HLM — vous restez un « Noir ». Cette réduction de l'être à une couleur, voilà l'arme de ceux qui ne peuvent admettre que la République ait ce visage-là. La Déclaration de 1789 proclame l'égalité de toutes et tous devant la loi. En arrachant la victoire de Bally Bagayoko, les Dyonisiennes et les Dyonisiens ont fait pour une fois de cette promesse une réalité vivante. Demain, nous serons à Saint-Denis. Un peuple entier, venu de toute la France, le poing levé, la tête haute, aux côtés de Bally Bagayoko et de sa population. Car ce combat n'est pas le leur seulement — il est le nôtre. Nous défendons une République qui n'exclut ni par l'origine, ni par la religion, ni par la couleur de peau. Bally Bagayoko, c'est Saint-Denis debout. Ce sont les opprimé·es qui regardent les oppresseurs dans les yeux et qui disent : nous sommes là, nous resterons là, et nous ne partirons pas. La République, c'est lui. La République, c'est le réveil des voix oubliées, réduites au silence, humiliées. La République, c'est elles et eux. La République, c'est nous.

Maintenant! · il y a 5 mois

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Tribune

Quentin Deranque : le jeune homme et le néonazi

À qui les représentant·es de la nation ont rendu hommage aujourd'hui pendant la minute de silence à l'assemblée nationale ? Au jeune homme de 23 ans, ou bien au néofasciste ? À l'étudiant en mathématiques ou bien au catholique identitaire d'Academia Christiana ? Au bénévole de la soupe populaire Saint Martin, ou au manifestant néonazi du comité du 9 mai ? Au fasciste tué sous les coups de 6 antifascistes ou au fasciste ayant tendu un guet-apens avec 15 fascistes cagoulés et armés à 13 antifascistes ? Par sa mort il est passé d'agresseur à victime. Par sa mort et par le choix des médias et politiques du centre de la droite et de l'extrême droite il est passé de néonazi à héros de la République. Alors oui il est juste que l'on fasse une minute de silence pour le jeune homme étudiant et bénévole victime de la violence. Je propose en plus : - 12 minutes de silence pour les personnes tuées par des fascistes depuis 2022 - 912 minutes de silence pour les morts de la rue de 2025 - 164 minutes de silence pour les féminicides de l'année 2025 - 51 minutes de silence pour les infanticides de l'année 2025 - 764 minutes de silence pour les accidenté·es du travail mort·es en 2024 - 3000 minutes de silence pour les exilé·es mort·es en mer en tentant de rejoindre l'Europe Ces, trop nombreuses minutes de silence ne seront cependant qu'un bref instant par comparaison aux décennies sans une parole pour les milliers de victimes des oppressions systémiques. Nous devons en finir avec le temps de la lâcheté, le temps de l'hypocrisie, le temps de l'indignations à géométrie variable selon la couleurs de peau le genre la nationalité le statut social des victimes comme des coupables. J'aspire à une immense clameur, celle des oublié·es, de leurs familles de leurs ami·es de leurs voisin·es, de leurs camarades, que nos voix fassent entendre leurs cris, pour que les paroles de résistances deviennent créatrices de la dignité et du bonheur de toutes et tous dans un monde vivable. Benjamin Ball, le 17 février 2026

Maintenant! · il y a 7 mois

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Tribune

L'APRÈS c'était mieux avant !

Autocritique de la stratégie unioniste incluant le PS, et de ma propre naïveté. Le 9 juin 2024 Emmanuel Macron lance selon ses propres termes "une grenade degoupillée " dans les jambes de la démocratie parlementaire. Contre toute attente sous l'impulsion d'une grande partie du peuple de gauche le NFP nait et empêche Jordan Bardella de devenir premier ministre. Dès le lendemain des législatives je lance avec PEPS un appel signé par 70 organisations et plus de 2000 personnes, "Le Front populaire doit vivre", pour une coordination des groupes locaux du NFP afin de pouvoir déterminer la suite par le bas. C'est un échec aucune des composantes principales du NFP ne signe l'appel. Le nouveau Front populaire est confisqué par le PCF les Écologistes la LFI et le PS. Aucun pouvoir populaire par les assemblées, n'est envisagé réellement par l'essentiel des directions des parties prenantes du NFP y compris par les petits partis et les associations et collectifs citoyens ayant soutenu la dynamique du mois de Juin. Quelques expressions timides et minoritaires au sein des mouvement vont dans le sens d'un NFP ouvert à toutes et tous, mais elle ne sont malheureusement pas entendues. Le 12 Juillet 2024, l'APRÈS lance une petite lueur d'espoir. L'objectif est de réunir la gauche et les écologistes sur le programme du NFP pour aller ensemble aux élections présidentielles et législatives de 2027. Bien qu'étant communaliste décroissant•e intersectionel•le et révolutionnaire, je suis convaincu•e qu'un front antifasciste est nécessaire pour éviter la victoire annoncée de l'extrême droite avec le soutien de la Macronie et de LR. Je ne me leurre pas sur la réelle rupture portée par l'Avenir En Commun, et encore moins sur son édulcoré, le programme du NFP. Ces deux programmes sont sociaux démocrates et proposent une politique Keynésienne basée sur la croissance, sans réelle rupture avec le capitalisme le productivisme, le colonialisme le validisme et le patriarcat. Il n'y a pas de décroissance, pas de socialisation de l'économie, pas de propriété collective des moyens de productions, de la terre, de la pierre, et du crédit, pas d'arrêt total du pillage des ressources des pays où oeuvrent nos multinationales, pas d'indépendance des colonies et des régions, pas d'autogestion à toutes les échelles de la société à commencer par la commune, pas d'égalité réelle entre femmes et hommes, racisées non racisées, valides et personnes invalidées. Soutenir programme de l'AEC ou du NFP, n'est qu'une étape pour barrer la route à l'alliance des libéraux autoritaires et des fascistes. Dès le lendemain de la "victoire" il faudra mettre en œuvre la révolution par la grève expropriatrice, le blocage, l'occupation, la désobéissance civile de masse, l'autogestion populaire et le sabotage systématique. 1 an après à l'appel de Lucie Castet l'APRÉS avec GenerationS, les Écologistes, Debout! Et le Parti Socialiste lancent le Front Populaire 2027. Le parti socialiste vient de déposer une motion de censure contre le gouvernement Bayrou et Olivier Faure gagne son congrès contre la droite du PS. La clarification indispensable à gauche semble être enfin en cours. Problème La France Insoumise, et le Parti Communiste Français sont invités mais refusent de venir. 2 points de blocages sont exprimés en ces termes par Mathilde Panot presidente du groupe LFI à l'assemblée nationale. «Au PS, il est sans cesse répété qu'ils ne veulent plus rien faire avec La France insoumise», a-t-elle dit, avant d'ajouter: «Nous ne participerons jamais à je ne sais quelle tentative de faire une primaire où nous nous parlerions entre nous, alors qu'il faut parler à l'ensemble du pays». Qu'à cela ne tienne, les unionistes y croient encore et moi aussi. Nous pensons que la clarification faite par le congrès du PS, le programme commun du NFP, la volonté d'une écrasante majorité des électeurs et électrices d'avoir une candidature commune, sont autant d'arguments pour mener le projet de Front Populaire 2027 jusqu'au bout.

Maintenant! · il y a 10 mois

Luttes et mobilisationsExtrême droiteFéminismes

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Tribune

Appel à soutenir, amplifier et prolonger la mobilisation du 10 septembre

Depuis que la macronie s'est installée, le président de la République et ses gouvernements successifs n'ont cessé de gouverner contre le peuple et la planète, organisant avec minutie la casse sociale démocratique et écologique au profit des milliardaires. Ils ont joué avec la démocratie comme ils auraient joué une partie de poker. Ils ont fait de la tactique, jouant aux cartes nos vies et notre avenir Nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers contre la réforme des retraites, la loi Duplomb, les licenciements, contre les contrôle au faciès, l'islamophobie, l'antisémitisme et tous les racismes, les violences faites aux femmes, les politiques climaticides, l'A69 et tous les grand projets inutiles et imposés, contre les expulsions locatives, contre la destruction du monde associatif et de la culture… Nous n'avons cessé de lutter. La seule réponse à la mobilisation a été, avec constance, la répression, le 49.3, la propagande médiatique et finalement la poursuite aveugle et irresponsable d'un projet visant à écraser toujours plus la population, accaparer toujours plus de richesses, conserver toujours plus le pouvoir. Mais la colère est toujours là. Le cri sourd des femmes et des hommes qui subissent est en train de se transformer en clameur. Un mot d'ordre est repris, partout organisons-nous pour bloquer le pays à partir du 10 septembre. Nous militant·es, écologistes, féministes, antiracistes, syndicalistes, antivalidistes, mobilisé·es pour la biodiversité, la paix, la démocratie, les droits des personnes LGBTQIA+, la justice sociale, climatique et fiscale, nous qui luttons de notre mieux contre toutes les oppressions, les injustices et les inégalités, appelons à signer et faire signer cet appel pour soutenir, amplifier et prolonger le 10 septembre. Dans chaque quartier, chaque village, rassemblons-nous sur les places et les ronds points et décidons ensemble comment agir. Dans nos entreprises, nos administrations, nos écoles, organisons-nous, avec nos collectifs d'actions nos syndicats et associations. Ne laissons personne de coté, faisons du 10 septembre le début de la lutte de tous et toutes pour tous et toutes. Par la manifestation, la désobéissance, la grève, le blocage, l'occupation, arrachons une vie digne et heureuse pour chacun et chacune, dans un monde vivable. Ils nous empêchent de penser à demain en créant chez nous la peur de l'avenir. Ensemble construisons les conditions de nos dignités. Nous militons entre autres dans les organisation suivantes : Action Justice Climat-Paris, AFPS, Agir ensemble Contre le Chômage, Alternatiba, Alternative Communiste, ANVCOP21, Attac, Assemblée Populaire de Pantin, Bio Consom'Acteurs, Cannabis Sans Frontière, Cedetim, Cerise la Coopérative, Cimade, CGT Educ, CGT spectacle, Confédération Paysanne, Coordination des Intermittents et Précaires, Debout !, Egalités, Ensemble, Extinction Rébellion, Fondation Copernic, Force Ouvrière, Fédération Syndicale Unitaire, Fondation Good Planet, Génération.S, Greenpeace, La France Insoumise, Radio LaiR NU, L'APRÈS, Les amis de la conf, Les amis de l'Humanité, La Révolution Écologique pour le Vivant, Le Baranoux, Les Désobéissants, Les Écologistes, Les Gilets Jaunes, Le Parti Communiste, Le Parti Socialiste, Les Jeunes Ecologistes, Ligue des Droits de l'Homme, LPO, Mouvement de la Paix, Nouveau Parti Anticapitaliste, Nous Toutes, On s'en Méle, PEPS, Printemps écologique, Printemps de la Psychiatrie, Radio Cause Commune, Radio Parleur, Réseau Education Sans Frontiéres, Réseau Salariat, Rosies, SNAC, SNES, SNUIPP, Solidaires Asso, Soulévements de la terre, Stop Violences Policiéres, Sud Rail, Terres de Liens, UJFP, Victoires populaires… Nous sommes ouvrier·es, chômeurs chômeuses, ingénieur·es, retraité·es, barmans, barmaids, paysan·ne, conseiller·es régionales, Travailleurs et travailleuses handicapé·es, consultant·es, cheminot·es, avocat·es, téléconseiller·es, médecins, lycéen·nes, scénaristes, artistes, auteurs autrices, menuisier·es, enseignant·es, bénévoles, technicien·nes, responsables politiques, directeurs directrices, intérimaires, agriculteurs agricultrices, économistes, cadre, activistes, maires, étudiant·es, juristes, musicien·nes, pédopsychiatres, employé·es, philosophes, conseiller·es municipales, jardinier·es, député·es, chef·fe de projet, conseiller·es communautaires, assistant·es sociale, senateurs senatrices, hôtelier·es peintre·s, député·es Intermittentes, historien·nes, développeurs développeuses, secrétaires, traducteurs traductrices, cuisinier·es, géographes, chercheurs chercheuses, conseiller·es, formateurs formatrices, ébénistes, sociologues, journalistes, postier·es, anthropologues, professeur·es… Tribune publiée dans Regards le 11 août 2025 (la liste complète des signataires y est à lire) : https://regards.fr/tribune-appel-a-soutenir-amplifier-et-prolonger-la-mobilisation-du-10-septembre/

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