À qui les représentant·es de la nation ont rendu hommage aujourd'hui pendant la minute de silence à l'assemblée nationale ?
Au jeune homme de 23 ans, ou bien au néofasciste ? À l'étudiant en mathématiques ou bien au catholique identitaire d'Academia Christiana ? Au bénévole de la soupe populaire Saint Martin, ou au manifestant néonazi du comité du 9 mai ? Au fasciste tué sous les coups de 6 antifascistes ou au fasciste ayant tendu un guet-apens avec 15 fascistes cagoulés et armés à 13 antifascistes ?
Par sa mort il est passé d'agresseur à victime. Par sa mort et par le choix des médias et politiques du centre de la droite et de l'extrême droite il est passé de néonazi à héros de la République.
Alors oui il est juste que l'on fasse une minute de silence pour le jeune homme étudiant et bénévole victime de la violence.
Je propose en plus :
- 12 minutes de silence pour les personnes tuées par des fascistes depuis 2022
- 912 minutes de silence pour les morts de la rue de 2025
- 164 minutes de silence pour les féminicides de l'année 2025
- 51 minutes de silence pour les infanticides de l'année 2025
- 764 minutes de silence pour les accidenté·es du travail mort·es en 2024
- 3000 minutes de silence pour les exilé·es mort·es en mer en tentant de rejoindre l'Europe
Ces, trop nombreuses minutes de silence ne seront cependant qu'un bref instant par comparaison aux décennies sans une parole pour les milliers de victimes des oppressions systémiques.
Nous devons en finir avec le temps de la lâcheté, le temps de l'hypocrisie, le temps de l'indignations à géométrie variable selon la couleurs de peau le genre la nationalité le statut social des victimes comme des coupables.
J'aspire à une immense clameur, celle des oublié·es, de leurs familles de leurs ami·es de leurs voisin·es, de leurs camarades, que nos voix fassent entendre leurs cris, pour que les paroles de résistances deviennent créatrices de la dignité et du bonheur de toutes et tous dans un monde vivable.
Benjamin Ball, le 17 février 2026